Pour seul refuge

Contraint par des situations économiques, écologiques ou cataclysmiques, l’Homme doit réapprendre à s’adapter. Les constructions précaires et sommaires, comme les cabanes, les bidonvilles, les favélas, les agglomérations, les abris de fortune… sont des refuges où notre instinct et notre imagination se dupliquent comme pour retrouver nos traces originelles.

Mes premières cabanes étaient accessibles toujours avec une échelle, faites de récupération, bondes de tonneaux, entonnoirs , burettes de machine à coudre…
Ces cabanes mises les unes contre les autres viennent former une ville, elles résonnent entre elles.

Puis pendant le confinement, j’ai réalisé des cabanes inaccessibles, perchées sur des monts rocheux, bois flottés ou bois brûlés.
J’étais enfermée au troisième étage sans ascenseur, dans mon donjon, j’ai vécu sur mon balcon de 2 m2, refuge où le silence et la solitude se sont vite installés.

Au début plus de voiture, plus de bus, plus de passant et très vite les oiseaux ont envahi le centre ville et mon balcon curieusement sans crainte.

Baraques, bicoques, cahutes, cambuses, cases, huttes, masures, maisonnettes…
Mes cabanes sont fragiles, bancales et de guingois.
Choisir son arbre, installer son nid avec des planches et des cordes glanées à la ferme.
Grimper, construire sans clous ni vis bien sûr, en premier une plateforme pour observer le paysage plus haut et se cacher.
Souvenirs d’une enfance,
Puis construire un toit pour pouvoir y dormir, y rêver l’été et surtout regarder les étoiles toute la nuit…

Et enfin perchée en plein centre ville avec les oiseaux le jour et les étoiles la nuit, je me revoie enfant dans ma cabane, comme dernier refuge…

Résistance